Sécheresse et biodiversité aquatique : Que se passe-t-il sous l'eau?

24 août 2022
Sécheresse et biodiversité aquatique : Que se passe-t-il sous l'eau?

Voilà déjà maintenant 1 an que la Bretagne connaît une sécheresse historique ; épisodes de fortes chaleurs, absence de pluie… si les effets sont bien visibles sur la végétation et sur le niveau d'étiage, qu'en est-il des organismes aquatiques?

 

L'itinéraire se complique pour les migrateurs...

Le niveau de l’eau est très bas dans les rivières, les insectes, poissons et amphibiens ont moins de place. Pour les poissons migrateurs, il est très compliqué de monter ou descendre la rivière. Asséchée par endroit, la rivière n’offre plus tous les habitats nécessaires pour la bonne migration des poissons...

Pour les saumons, qui remontent la rivière en août, arrivés de la mer, ils doivent utiliser plus d'énergie pour franchir les obstacles, énergie précieuse car normalement utilisée pour la reproduction. Ils trouvent refuge dans des trous d'eau mais y manquent d’oxygène et sont très vulnérables des prédateurs… les oiseaux biensur mais aussi les braconniers.

A Quimper, l’Office Français pour la Biodiversité est sur le pont pour surveiller les captures illégales des saumons, en forte hausse cette année !

Pour les mammifères et les oiseaux, loutres, martin pêcheurs ou encore putois et visons etc. le territoire se réduit, l'habitat et les ressources alimentaires aussi.

 

Température de l'eau élevée : organismes mis à mal !

La température de l’eau, plus chaude, réduit le taux d’oxygène et rend les poissons plus lents. Le métabolisme des saumons par exemple ralentit quand la température de l’eau dépasse 19°C.

Certains poissons risquent de disparaître totalement de nos rivières, comme le chabot ou la truite sauvage. Cette dernière ne peut survivre quand la température de l’eau dépasse les 23 °C

La végétation du bord du cours d’eau, appelée dans le jargon technique : ripisylve permet de faire baisser la température en apportant l’ombrage suffisant. Il est très important d’entretenir et de replanter toutes les zones nues.

 

La base de la chaîne alimentaire fragilisée

Les insectes comme les libellules, les éphémères ou encore les crustacés sont mis à mal par la concentration de polluants. À la base de la chaîne alimentaire, ces petites bêtes sont assez résistantes. Or le cumul de la mauvaise qualité de l’eau et des pollutions « accidentelles » fragilisent toute la communauté de la rivière. Un exemple encore ce mois ci sur un ruisseau du pays de Morlaix.

 

Les amphibiens se réfugient dans le sol... sec.

Les amphibiens : grenouilles, tritons, salamandres ou crapauds quittent le milieu aquatique lorsqu’il fait plus chaud pour se réfugier dans les talus sous la terre. Habituellement humide, cette année, les sols sont également très perturbés par le manque d’eau. Il est trop tôt pour mesurer les effets sur les amphibiens.

 

 

Et l'Homo Sapiens dans tout ça ?

pour vous, jardiniers :

  • Couvrez vos sols en permanence, avec une épaisse couche de paillage : de la tonte de pelouse, des fougères ou encore des feuilles mortes. Cela limitera l’évaporation de l’eau. Consultez notre fiche technique "Accueillir, récupérer et utiliser l'eau au jardin" issue du MOOC "Jardiner avec le vivant"
  • Creusez une mare : même si elle s'assèche en été, elle offre une zone précieuse avec de l’eau et une végétation intéressante pour les oiseaux, les insectes et les amphibiens : consultez la page "refuge grenouilles"
  • Récupérez l’eau domestique pour arroser votre jardin : eau de lavage des légumes, eau froide qui s'écoule de la douche avant qu'elle soit à température...
  • Limitez votre consommation d’eau le plus possible en économisant l’eau.

 

pour les politiques :

  • Réaliser un bilan et des réparations des fuites sur le réseau d’alimentation en eau potable ;
  • Aménager des noues d’infiltrations dans les zones urbanisées. Débitumer et végétaliser les espaces qui le peuvent.
  • Reméandrer et rouvrir les rivières qui ont été canalisées pour freiner l’eau et créer des espaces refuges pour les espèces.
  • Mettre en place une politique d’économie d’eau massive, pour les habitants et les professionnels.

 

pour l'agriculture :

  • Protéger et restaurer nos zones humides, ces milieux naturels qui stockent l’eau de pluie et soutiennent la rivières lors de périodes sèches.
  • Protéger et restaurer notre bocage et nos talus. Ces derniers freinent les eaux de ruissellement et percolent les eaux de pluie.
  • Repenser les espèces cultivées et choisir des espèces moins gourmandes en eau.
  • Restaurer, planter des ripisylves (la végétation du bord des rivières) qui tamponne les eaux de ruissellement et piège une partie des polluants.

 

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