Sécheresse 2026 : Où en sommes nous au 1er septembre ?

03 septembre 2026
Sécheresse 2026 : Où en sommes nous au 1er septembre ?

L'Odet amont de Quimper, le 26 août, 199 l/s, au plus bas

 

Les records annoncés dans notre précédent point d'actualité ont été atteints et classent 2026 parmi les épisodes les plus sévères, soit dans l'absolu, soit au niveau de 1976 et 2022, sauf une partie du centre Ille-et-Vilaine. Et après ? Tentative de décryptage d'un avenir un peu imprévisible...

 

Que nous annonce la météo ?

Bref retour en arrière sur un mois d'août pas totalement sec, mais assez inégal. En simplifiant, les précipitations ont été 60 % en dessous de la normale et parfois encore moins. Les pluies orageuses n'ont guère été intenses, et surtout n'ont pas été généralisées.

 

info_climat_09.2026.png

Source infoclimat

 

Les prévisions pour les quinze jours à venir varient un peu selon les modèles utilisés, mais promettent des pluies très modestes cette semaine, moins de 5 mm en cumul, surtout dans le Finistère, puis une période incertaine la semaine suivante (pluies de probabilité inférieure à 50%). Température en baisse passé le premier week-end de septembre, c'est le début de l'automne. La fiabilité des prévisions reste médiocre. L'évapotranspiration va également baisser. Les sols vont rester très secs pour les 15 jours à venir. Les pousses herbacées assez timides observées ne devraient pas apporter de ressources fourragères.

 

Quelle histoire pour nos rivières ?

Les débits les plus bas ont été observés entre le 15 et le 18 août. La fin de la canicule a permis une légère remontée des débits. Puis les pluies successives ont provoqué des remontées limitées, de durée modeste, avant d'autres remontées, puis déjà une baisse entamée ce jour.

 

Le graphique ci-après illustre les sécheresses historiques observées sur le Scorff, et le tracé en noir illustre bien les petites variations observées en 2026. A noter des débits erronés en juillet 1976, capteur recalé lors du mesurage du débit le 8.

 

scorff_2026.09.01.png

Sources : banque hydro, DREAL Bretagne, traitement Eau et Rivières de Bretagne

 

Cette évolution risque de se poursuivre sur les 15 jours à venir. Les débits ne redescendront probablement pas en dessous des minimums observés mi août sous réserve que le retour des pluies ne tarde plus trop et d’une nouvelle canicule, annoncée ce week-end.

 

Les impacts sur les milieux aquatiques sont considérables, avec une proportion d'assecs (réseau de suivi ONDE) jamais atteinte. Les dommages aux invertébrés, spécifiquement suivis dans le Morbihan par des militants de l’association, soulignent la gravité de la situation.

 

En fait, les arbres se sont mis en automne anticipé, perdant une partie de leur feuillage pour limiter leur besoin d'eau. Certains pourraient avoir des difficultés à repartir l'an prochain. Mais de ce fait, moins de transpiration pour la végétation, moins de chaleur, le prélèvement sur les eaux souterraines qui assurent l'essentiel du débit en ce moment s'est un tout petit peu réduit.

 

Qualification de la situation au regard de la gestion de la sécheresse

Les débits observés sont le plus souvent autour des seuils d'alerte renforcée avec des secteurs toujours très tendus allant du Blavet (hors le fleuve lui-même, au débit soutenu par le lac de Guerlédan) à l'Odet, en dessous des niveaux de crise.

 

Les niveaux de gestion des arrêtés sécheresse ne vont pas évoluer à court terme.

 

Et la ressource en eau potable ?

En réduisant les soutiens d'étiage (plus que 0,5 m3/s sur l'Aulne par exemple), les stocks restent comparables à 2022. La consommation va évoluer, avec des touristes en moindre nombre, des activités économiques qui reprennent et des élevages qui, leur forage privé produisant moins ou plus d'eau du tout, se retournent vers l'alimentation en eau potable.

 

C'est dans le Morbihan que les préoccupations sont les plus grandes et conduisent à des ajustements de gestion exceptionnels, par exemple sur la zone de l'Ellé ou du Loch. Des interconnexions inhabituelles ont été mises en service. Les prévisions à 15 jours ne rassurent pas les producteurs d'eau potable. La baisse du soutien d'étiage sur l'Oust est un nouveau souci.

 

Le maintien des restrictions est donc nécessaire, d'autant que les dérogations au débit réservé ont été nombreuses cette année, allant parfois jusqu'au 1/30e du débit moyen interannuel (module).

 

Les efforts de communication vers la population seront à renforcer, même si les courbes de consommation semblent moins fortes qu'en 2022. C'est la ressource qui est plus faible.

 

L'inquiétude reste grande pour les gestionnaires, et il faudra tirer toutes les conséquences de cette année sur la ressource en eau potable, et sa qualité. Les collectivités vont être confrontées à des choix forts d'actions et de coopération.

 

Des questions encore en suspend

L'importance des reports agricoles vers l'alimentation en eau potable restent un "trou noir" qui va nécessiter d'être éclairci. Les obligations d'information des collectivités et de l'Etat ne semblent avoir été entendues que sur le Morbihan (50 remontées à ce jour, et sans doute encore à venir) contre seulement 3 en Finistère. Mais il va falloir s'y atteler : les touristes sont loin d'être la seule source du pic de consommation estivale, et humains comme animaux consomment plus d'eau quand les températures dépassent 30°C...

 

En savoir plus :

 

 

 

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