Les actions d’Eau & Rivières de Bretagne

13 mars 2017
Les actions d’Eau & Rivières de Bretagne

Le réseau régional pesticides et santé

Plusieurs réseaux thématiques existent au sein d’Eau & Rivières de Bretagne, il en existe un consacré aux pesticides et à la santé. Il se réunit physiquement au moins deux fois par an. Consultez notre rubrique agenda pour connaître la prochaine date et n'hésitez pas à nous contacter pour co-voiturer !

En dehors de ces rencontres, les adhérents de l’association peuvent échanger sur une liste de discussion mise à leur disposition : sante@eau-et-rivieres.inifini.fr. Une revue de presse en ligne est mise à jour quasi-quotidiennement et consultable à tout moment. Elle regroupe des articles de presse, des rapports ou études, des émissions télévisées ou radiodiffusées en replay… qui traitent notamment des pesticides, des perturbateurs endocriniens, des médicaments humains ou vétérinaires ou de la santé.

Pour plus d'information sur cette commission, contactez Dominique LE GOUX, chargée de mission pesticides au 02 96 21 14 70 ou par courriel : pesticides@eau-et-rivieres.asso.f

Écophyto

Initié en 2008, le plan national Écophyto s’était donné comme objectif la réduction de 50 % de l’utilisation des pesticides à l’horizon 2018. Les premiers bilans ont montré que ce chiffre ne serait pas atteint. En 2012, l’objectif n’est plus chiffré. En juin 2015, le plan est revu. La cible de -50 % est réintroduite, par contre le laps de temps pour l’atteindre s’est considérablement rallongé : 2025. Et encore, un objectif transitoire de -25 % ainsi qu’une révision du plan sont envisagés à l’horizon 2020. La possibilité de repousser encore une fois le but final.

Au delà d’actions nationales mises en œuvre comme le Certiphyto (voir au chapitre réglementation) ou les fermes expérimentales DEPHY, le plan Écophyto se décline en région. L’idée est d’ajuster au mieux les travaux réalisés aux problématiques du territoire. Différentes commissions thématiques élaborent et travaillent à la bonne mise en œuvre de ces actions. Eau & Rivières, grâce à l’implication de ses bénévoles, participe à chacune d’entre elles.

Quelques actions bretonnes :

Un observatoire des ventes des pesticides. Cette initiative bretonne permet d’avoir une vision du tonnage des pesticides vendus. Ainsi, pour l’année 2015 en Bretagne, 2 481 tonnes de substances actives ont été vendues (tout utilisateur confondu). Le glyphosate reste la substance active la plus vendue en Bretagne avec plus de 394 T écoulées. Cette initiative bretonne a été reprise au niveau national.

Une affiche "J'♥ mes fossés sans pesticides" a été réalisé par Eau & Rivières de Bretagne et soutenue par le plan Écophyto pour marquer les 10 ans des arrêtés d'interdiction d'application des pesticides sur les fossés en Bretagne. Les 1270 communes bretonnes ainsi que presque 500 jardineries du territoire en ont été destinataires.

En savoir plus sur la déclinaison bretonne du plan Écophyto.

L’animation des territoires

Semaine pour les alternatives au pesticides

La semaine pour les alternatives aux pesticides est une manifestation visant à promouvoir les alternatives aux pesticides. Elle se déroule chaque année du 20 au 30 mars. Durant cette période, le public est invité à mieux s’informer sur les enjeux tant sanitaires qu’environnementaux des pesticides et sur les alternatives au travers de centaines de manifestations partout en France et dans 15 autres pays.

Eau & Rivières de Bretagne participe chaque année à ces 10 jours mettant en avant les alternatives aux pesticides. En 2017, elle a notamment co-organisé deux diffusions en avant-première du film Zéro phyto, 100 % bio réalisé par Guillaume Bodin et mis en place un groupe de riverains « vigilants » sur la commune de Saint-Coulomb (35).

Événements marquants des éditions précédentes :

En 2015, pour la 10ème édition, la Bretagne fêtait les 10 ans de la signature des arrêtés protégeant les fossés bretons des applications de produits phytosanitaires. Eau & Rivières invitait Gilles-Eric SERALINI et Jérôme DOUZELET pour une conférence "Polluants Chimiques danger ! Retrouvons le goût en cultivant sans ajouts" à Rennes (35)

En 2014, une marche regroupant 400 personnes s’est déroulée à La Torche (29). Une commune sur laquelle se trouve des bulbiculteurs utilisateurs de pesticides. Ils ont d’ailleurs été condamnés pour leurs pratiques dans une procédure en justice pour laquelle Eau & Rivières de Bretagne s’était constituée partie civile. Les 3 entreprises bulbicoles de La Torche ont ainsi été condamnées en 2012 à des peines de 3000 € (dont 2000€ de sursis) pour avoir été contrôlées au printemps 2010 et verbalisées pour usage de produits phytosanitaires non homologués (4 ou 5 produits chacun !). Dans le dossier, la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) produisait notamment en appui des ses procès verbaux des études de sol dont une détectant 28 molécules différentes dans un même échantillon!

En 2013, plus de 60 personnes étaient venues assister à une conférence intitulée « Face au danger des pesticides ». Joël LABBE, sénateur du Morbihan et maire de Saint Nolff (56) et Gilles LANIO, apiculteur et membre du bureau de l'UNAF (union nationale des apiculteurs français) s'étaient succèdés à la tribune pour dénoncer les méfaits de ces produits.

Voir le site internet de la Semaine pour les alternatives aux pesticides

Opération Ma ville est belle sans pesticides

De plus en plus de collectivités s’engagent dans un plan de réduction drastique des pesticides. Les plus avancées d’entre elles franchissent même le pas du « zéro pesticide » démontrant ainsi que ces produits, dangereux pour la santé, pour la faune, la flore et l’environnement en général sont loin d’être indispensables et que l’on peut s’en affranchir.

Cependant, ce changement de pratique nécessite de faire œuvre de pédagogie auprès des habitants. Cette partie information est bien souvent oubliée et génère des incompréhensions avec la population. L'opération « Ma ville est belle sans pesticides » propose justement d’améliorer la communication entre les habitants et les collectivités autour des nouvelles pratiques de gestion des espaces verts.

« Ma ville est belle sans pesticides » est destinée aux communes souhaitant s’investir dans une politique de réduction des pesticides et d’accompagnement de la population. L’action peut démarrer à partir d’une école, d’une association ou structure de quartier ou tout simplement d’une volonté communale de communiquer sur un quartier.

La collectivité, la commune, l’agglomération ou la structure de bassin-versant cible un secteur (quartier, hameau…). Nous invitons les gens du secteur sélectionné grâce à une invitation personnelle dans chaque boîte aux lettres. Cette invitation est personnalisable avec le logo de la commune ou celui-de la structure partenaire… Le programme est également personnalisable et tient compte des moyens humains et matériels décidés par les partenaires.

Pour en savoir plus sur l’opération « Ma ville est belle sans pesticides ». (en construction)
 

La charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! »

Les particuliers sont-ils sensibilisés aux problèmes liés à l’utilisation des pesticides? Pas sûr.
Se sentent-ils responsables? Pour la plupart, pas du tout. Leur offre-t-on les clés pour se responsabiliser et changer? Peut être !

Depuis 2005, certaines jardineries bretonnes se sont engagées à délivrer un conseil orienté à leurs clients. Parce qu’elles ont choisi de signer de la charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! », elles forment leurs vendeurs, travaillent en partenariat avec des associations et des collectivités, utilisent des outils de communication pour mettre en valeur les techniques alternatives aux pesticides,... En 2005, elles étaient une vingtaine. Elles ont été plus de 250 en 2014. Mais rattrapé par les évolutions réglementaires liées à la Loi Labbé, l’engagement des différents partenaires s’est fortement ralenti.

Le principe fondamental est le conseil au client, c’est pourquoi cette charte n’est pas signée avec les grandes surfaces (où le vendeur est rare). Le magasin signataire s’engage à ce que ses vendeurs délivrent en priorité un conseil mettant en avant des techniques alternatives, il est pour cela formé. Le client, lui, a toujours le choix lors de son achat, mais il sait qu’il existe une alternative non chimique.

Les magasins signataires transmettent également les chiffres d’affaire pour les produits phytosanitaires et pour les techniques alternatives. Mais ils sont aussi régulièrement enquêtés par des bénévoles associatifs afin de savoir quel est le conseil délivré, comment sont utilisés les outils de communication, etc.

Pour en savoir plus sur la charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! »

Actions en justice

Le procès Monsanto, le feuilleton de 2000 à 2011

Sur 6 produits Roundup, les étiquettes présentaient des allégations environnementales telles que :

  • 100% biodégradable ou biodégradable
  • propre
  • respecte l’environnement
  • efficacité et sécurité pour l’environnement
  • utilisé selon le mode d’emploi RoundUp, ne présente pas de danger particulier pour l’homme et les animaux domestiques.

Sur l’étiquette de ces produits étaient à la fois inscrit : « respecte l’environnement » et « R51/53 : toxique pour les organismes aquatiques ».

En 2000, Eau & Rivières de Bretagne et l’UFC-Que Choisir déposent plainte pour ces faits. Dans le même temps, la Maison de la consommation et de l’environnement (MCE) interpelle le bureau de l’homologation des produits phytosanitaires et les services de la répression des fraudes. Ce n’est que 6 ans plus tard que le désherbant Roundup, premier désherbant vendu en France et dans le monde, sera jugé devant la 5e chambre du tribunal correctionnel de Lyon, en décembre 2006.

Le 26 janvier 2007, les dirigeants des sociétés Monsanto (producteur du Roundup) de SCOTTS France (distributeur du Roundup) étaient condamnés par le tribunal correctionnel de Lyon à 15 000 € d’amende, et diverses peines de publicité complémentaire pour publicité mensongère.

Le 29 octobre 2008, la cour d'appel de Lyon confirmait la culpabilité et les peines des 2 dirigeants et entreprises.

Le 9 octobre 2009, la cour de cassation confirmait l'arrêt de la cour d'appel de Lyon condamnant définitivement les deux dirigeants et les deux entreprises.

Télécharger l'extrait du jugement du tribunal correctionnel (pdf - 64 ko) ou l’extrait de l'arrêt de la cour d’appel de Lyon (pdf - 34 ko)

Télécharger la publication judiciaire (pdf - 126 Ko)