SAGE Vilaine : l'obscurantisme ou le bien commun
Plusieurs militants d’Eau & Rivières de Bretagne étaient ce vendredi matin aux côtés de nombreuses organisations pour soutenir les élu.es de la CLE du SAGE Vilaine qui continuent de travailler malgré l’opposition de la FNSEA et de la Coordination rurale.
Un Etat absent et à la remorque de la FNSEA
Une fois encore, le Préfet et ses services étaient absents du tour de table. Il s’en est expliqué dans un courrier adressé hier à nos organisations, dénonçant un texte qui serait « non mature ». Des propos choquants quand on pense qu’il est le produit de 3 ans de travaux et de démocratie locale.
Il a également évoqué une obligation de réserve électorale. Mais le devoir de réserve n'empêche pas les fonctionnaires de base d'assister à une réunion, surtout s'il s'agit seulement de rappeler les positions déjà portées au cours de la négociation, libre au préfet de leur imposer - comme d'habitude - les contraintes qu'il veut, comme celle de se taire, sans avoir besoin de s'abriter derrière une interprétation extensive (abusive ?) du principe. Et sans imposer à tous les autres membres de la CLE ses propres contraintes, réelles ou non.
Pendant près de 2 heures, les quelques 200 militants issus des organisations paysannes et associatives ont fait face à la trentaine de syndicalistes FNSEA et Coordination rurale, séparés par un cordon policier. Les prises de paroles, chants et même la diffusion d'une caricature d'alerte enlèvement préfectorale, ont soutenu les élu.es qui s'étaient réunis à huis clos dans la salle du conseil de la mairie de Pont-Péan, dont le président de CLE Michel Demolder est encore maire jusqu'à dimanche.
Deux salles deux ambiances
A l'intérieur, autre ambiance, plus feutrée, la grande majorité des membres de la CLE – hors représentants de l’État – sont présents.
La réunion a commencé sur un rappel de la situation : blocage des travaux de la CLE par des tracteurs le 11 décembre 2025, moratoire national et conséquences sur la révision de la CLE. De nombreux élu.es s’inquiètent de cette reprise en main de la CLE par l’État et des propos accusant la CLE d’immaturité. Les élu.es tiennent à rappeler que c’est bien la CLE qui est l’instance de débat et de décision légitime de l’eau sur un territoire et ce depuis la loi sur l'eau de 1992.
Le point principal de la matinée est l’examen des propositions issues du groupe de travail de l’État et des chambres. Mais c’est raté car l’État n’a pas non plus pris la peine de transmettre les éléments travaillés en direct avec les chambres d'agriculture. Un manque de volonté flagrante qui en aura surpris plus d’un. Sans ces éléments, il n'a pas été possible d’avancer sérieusement sur les points bloquants, ce qui n'a pas empêché malgré tout de nombreux échanges sur le sujet.
Après avoir été informé d’un renouvellement partiel programmé au printemps pour 7 élu.es – du fait des élections municipales – une réunion de la CLE a été programmée en juin pour QU’ENFIN l’État vienne exposer les demandes d’amendement au projet de SAGE. Le président de la CLE, Mr Demolder, qui fait parti des élus qui ne renouvellerons pas leur mandat à la CLE, a été largement applaudi pour son travail.
L'avenir de l'eau et de sa démocratie
Cette réunion aura été une nouvelle fois l’occasion de rappeler, que l'avenir de l'eau des bretons ne dépend pas des cabinets gouvernementaux parisiens et qu’il est urgent de valider ce projet de SAGE. Ce que confirme d'ailleurs la communauté scientifique locale, qui signait le même jour une tribune sans équivoque dans la presse.
Il s’agit bien pour nous d’un choix de civilisation : choisir l’obscurantisme ou la défense des biens communs. Il est temps que l’Etat redevienne responsable et mature !
