Algues vertes | Le rapport accablant de la Cour des comptes

02 juillet 2021
Algues vertes | Le rapport accablant de la Cour des comptes

Après une longue enquête, la Cour des comptes rend son accablant rapport sur la prolifération des algues vertes en Bretagne. Eau & Rivières salue ce travail et vous le décrypte.

 

C’est un rapport de plusieurs centaines de pages. Un travail qui a demandé des mois de rencontres et d’analyses d’études scientifiques. Le rapport d’évaluation des politiques de lutte contre les marées vertes, mené par la Cour des comptes et son pendant régional vient de sortir.

 

Pour Eau & Rivières de Bretagne, c’est « un document historique qui fera date dans la lutte contre la prolifération des algues vertes ». « La plupart des constats émis dans le rapport sont faits par Eau & Rivières depuis des années. Enfin les magistrats reconnaissent que les moyens alloués à la lutte contre les algues vertes ne sont pas à la hauteur de ce phénomène qui empoisonne nos plages, notre nature et notre santé », explique Arnaud Clugery, porte-parole d’Eau & Rivières.

 

 

La lutte contre les algues vertes manque « cruellement d’ambition »

Dans la première partie du rapport, les magistrats jugent la lutte menée par l’État contre les algues vertes, en s’appuyant sur les deux plans de lutte menés depuis 2010 par les pouvoirs publics. Le constat est sévère et complètement partagé par notre association : les moyens engagés ne sont pas suffisants face à l’ampleur du phénomène qui empoisonne notre littoral, ils manquent « cruellement d’ambition au regard des enjeux environnementaux, sanitaires et économiques ».

 

« Il apparaît d’abord que les objectifs chiffrés ne sont pas tous pertinents. Ensuite, le rapport juge que les moyens financiers consacrés ne sont pas suffisants voire dérisoires. Les moyens humains sont également insuffisants puisque les contrôles dans les élevages ont drastiquement chuté en quelques années. La politique foncière n’est pas à la hauteur et le manque d’implication des filières agro-alimentaire est constaté », analyse Jean-Yves Piriou, vice-président d’Eau & Rivières et spécialiste des algues vertes. .

 

Quelles solutions propose la Cour des comptes ?

Le rapport d’évaluation des politiques de lutte contre les marées vertes de la Cour des comptes aborde cinq pistes d’évolution, autant de conditions de la réussite de la lutte contre les prolifération des algues vertes.
« La Cour des comptes relève la nécessité de poursuivre les actions menées pour ne pas démobiliser et précise que cette politique a besoin de temps. Pour autant elle souligne que les faibles résultats des Plan de lutte contre les algues vertes ne plaident pas spécialement pour une prolongation à l’identique ou une transposition stricte sur d’autres territoires, mais plutôt à un renforcement des outils de droits communs, une redéfinition des leviers incitatifs et un renforcement de la réglementation », analyse Arnaud Clugery.

 


« Les recommandations édictées par la Cour des comptes rejoignent les propositions que nous défendons depuis des années », affirme Arnaud Clugery.

 

  • La Cour préconise d’abord de renforcer la lutte contre les algues vertes au-delà des huit baies concernées par la Plav. Ainsi les échouages d’algues sont en augmentation sur les vasières alors qu’elles ne sont pas prises en compte dans le Plav.
  • Le rapport demande à ce que des objectifs chiffrés et évaluables soient définis sur les bassins versants concernés, y compris ceux des vasières. Ces objectifs doivent notamment concerner les pratiques agricoles avec des passages en bio, des restaurations de zones humides etc. Il faut aussi des objectifs évaluables sur la quantité d’azote épandu sur les terres et être ambitieux sur la baisse de concentration des taux de nitrates dans les rivières.
  • Le rapport préconise par ailleurs de redéfinir des leviers incitatifs aux changements des pratiques agricoles grâce à des aides plus ambitieuses et mieux rémunérées. La Cour des comptes recommande de mobiliser les leviers du foncier agricole et des filières agroalimentaires en écoconditionnant les aides publiques et en faisant en sorte que les exploitations engagées dans la lutte contre les fuites d’azote soient prioritaires dans l’acquisition de foncier et en permettant aux collectivités de préempter des terres.
  • Enfin, il faut adapter et faire respecter et faire respecter la réglementation avec l’adaptation du conseil agricole et le renforcement des contrôles.

 

Retrouvez ici notre analyse complète des propositions.

Accéder au rapport de la Cour des comptes.

 

Eau et Rivières de Bretagne appelle les pouvoirs publics à agir rapidement

Après avoir été récemment épinglé par un rapport du Sénat et condamné par le tribunal administratif de Rennes pour ses insuffisances concernant la lutte contre les marées vertes, l’État va devoir agir rapidement pour endiguer ce phénomène.

 

« Nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place les mesures qui permettront de réduire considérablement les taux de nitrates dans nos rivières afin d’atteindre un taux inférieur à 10mg/L partout en Bretagne. Pour ce faire, à travers dix propositions, nous préconisons de produire moins mais mieux, en favorisant une politique agricole durable en garantissant une orientation viable et durable des aides publiques et en renforçant l’action publique », conclut Arnaud Clugery.

 

Ressource | Retrouvez ici nos dix propositions.

 

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