A à quelques semaines de la rupture en eau potable ?

22 octobre 2026
A à quelques semaines de la rupture en eau potable ?

L'inquiétude monte depuis quinze jours, car les pluies ne remplissent guère les barrages, les rivières restent très basses, les besoins restent importants. La communication institutionnelle reste peu audible tant que l'eau coule. La mise en œuvre du plan Orsec est évoquée...

Les quatre départements bretons restent en niveau de situation de crise.

 

Un temps d'automne, mais des pluies irrégulières

Les températures ont fraîchi, il y a eu plusieurs passages pluvieux les 6, 11 et 20 octobre. Alors, cela ne suffit pas ? Et bien non, nous sommes encore loin des pluies moyennes d'un mois d'octobre. Les pluies ont été irrégulières, touchant plus le nord Finistère, et ont été de l'ordre de 30 mm ailleurs. Côtes d'Armor, sud Finistère et Morbihan sont restés à la portion congrue. Ce sont les sols qui ont absorbé l'essentiel de l'eau, et le front d'humidité est compris entre 12 et 20 cm de profondeur. Au-delà, le sec règne !

 

Quand il pleut, 98% de l'eau reste actuellement dans les sols, le petit reste rejoint les rivières et provoque une augmentation brève des niveaux. Mais cela semble bien parti pour changer, enfin, avec le retour d'un régime perturbé d'ouest. Juste à temps !

 

Ce sont sans doute nos références qu'il faut revoir : succession de deux années sèches , comme 1975-76, 2008-09. Et puis ne pas oublier la variabilité annuelle, hors changement climatique. Notre capacité de recul est souvent réduite.

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Nappes, rivières, où en sommes-nous ?

Plusieurs piézomètres atteignent des niveaux historiquement bas, ce qui se traduit pas des apports aux rivières très limités. Et expliquent qu'après chaque pluie, les débits diminuent rapidement. La part ruisselée de la pluie est restée très faible, car les sols en stockent l'essentiel.

elle_aval_station_hydro.png

 

Et l'eau potable ?

Tous les producteurs vivent des situations de tension forte. Les premières défaillances sont envisagées sous 10 jours, mais la pluie permettra peut-être de sauver certaines collectivités juste à temps.

 

Les retenues sont toutes basses : Drennec (à un niveau historiquement bas); Saint Michel, seul 10% du volume reste utilisable et ce malgré le mélange des eaux de fond et de surface mis en œuvre (avec un suivi qualité à l'aval du barrage). Sur les retenues des Côtes d'Armor le niveau est très bas avec un risque de défaillance entre 30 et 60 jours. Le Morbihan quant à lui est à la limite de rupture sur l'Ellé amont et en tension extrême partout. Tout le monde, associations, agriculteurs, producteurs d’eau espèrent un hiver pluvieux, car repartir pour un nouvel été avec des réserves mal remplies augure du pire.

 

Des solutions non conventionnelles ont été mises en œuvre ici et là : production d'eau potable par un osmoseur à Concarneau, dérogation pour utiliser l'eau de l'Horn malgré ses teneurs en nitrates et pesticides non conformes (29), vidange d'étangs en amont de retenues AEP...

 

Et des questions émergent : quelle est la capacité d'accueil de nos territoires bretons, que ce soit de la population ou des activités ? Jusque là, cette question avait été ignorée ou peu posée. Elle est au cœur du futur, en interrogeant la possibilité de nouvelles ressources (mais à quelle échéance?) ou de comportements sensiblement plus sobres, que ce soit des habitants ou des activités économiques.

 

Quel regard portons nous aujourd’hui sur les centaines de captages trop facilement abandonnés pour causes de pollution ? Se pose aussi la question de la perception des messages de sensibilisation de la population lorsque les températures baissent, ou que quelques pluies semblent avoir résolu le problème.

 

  

 

Regard de côté :

« Certes le dérèglement climatique accélère la récurrence des épisodes extrêmes mais il ne faut pas oublier que de tels épisodes ont toujours existé. Il en a été ainsi vers 1921A Fouesnant il n’avait plu que 177 mm de janvier à octobre ! La moitié de la moyenne annuelle à Brest, 40% de celle de Rennes. Ce que les statistique et les pluviomètres ne disent pas, c’est combien de litres les populations et « industries » consommaient alors, et on peu parier qu’elles étaient toutes plus résilientes qu’aujourd’hui.

 

1921_rennes.png

 

 

 

 

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