Etangs du Loc'h à Guidel | La qualité d'eau ne peut plus attendre
Positionné à l'embouchure du bassin versant de la Saudraye à Guidel (Morbihan) et en aval de la Réserve naturelle régionale du Loc'h, l’ouvrage de sortie en mer du Loc'h n'est pas conforme aux règles relatives à la continuité écologique. La mise en conformité nécessite une réouverture du marais du Loc'h vers la mer.
Ouverture du Loc'h : l’heure des décisions, pas des faux débats
Vingt-cinq ans après l’adoption de la Directive cadre sur l’eau (DCE), le temps des tergiversations est révolu. La DCE n’est ni une option, ni une posture idéologique : c’est la Loi. Elle s’impose à tous les États membres de l'Union européenne et à tous les territoires, sans exception. La contester aujourd’hui, c’est refuser de regarder en face une réalité simple : nos cours d’eau vont mal, et notre responsabilité politique est engagée.
La France ne peut pas feindre la surprise. Elle a inspiré cette directive, l’a transposée dans son droit, puis l’a renforcée avec la loi sur l’eau et les milieux aquatiques. La continuité écologique, au cœur de ce dispositif, n’est pas une lubie technocratique. C’est un principe scientifique fondamental : un cours d’eau fragmenté est un cours d’eau dégradé. Le droit est clair. Les outils existent. Ce qui manque, ce n’est pas la règle, c’est le courage de l’appliquer.
Un bilan qualité d'eau et des milieux aquatiques affligeant... il faut s'y mettre !
Les chiffres sont accablants. Sur le grand bassin hydrographique Loire-Bretagne, à peine un quart des cours d’eau sont en bon état. En Bretagne, plus de 70 % des eaux de surface sont dégradées. Et pourtant, les échéances sont connues depuis plus de dix ans. Les cours d’eau classés en liste 2, dont la Saudraye, devaient être mis en conformité dès 2017. Ce délai est dépassé. Le retard est politique.
La Saudraye et le Loc’h incarnent ce blocage. Diagnostic posé, avis scientifiques unanimes, obligations réglementaires confirmées : tout est sur la table depuis longtemps. Le CSRPN a validé, à plusieurs reprises, la ré-estuarisation du site comme seule réponse cohérente aux altérations hydrologiques, morphologiques et écologiques du cours d’eau. Continuer à faire semblant de chercher des alternatives, c’est organiser l’inaction.
Les poissons migrateurs : des populations qui s'effondrent
Pendant ce temps, les conséquences sont bien réelles. Les obstacles artificiels étouffent les milieux aquatiques, favorisent l’eutrophisation, dégradent la qualité de l’eau et condamnent les poissons migrateurs.
Anguilles, saumons, aloses, lamproies disparaissent dans l’indifférence générale, au mépris de l’intérêt général et des engagements environnementaux affichés.
Des expériences qui ont fait leurs preuves : l'action est garantie d'efficacité
Ailleurs, des décisions ont été prises. Des barrages ont été supprimés, des rivières ont été rendues vivantes, des territoires ont assumé des choix courageux. Sur la Sélune, l’État et les collectivités ont agi, avec un suivi scientifique rigoureux. Ici, on discute encore pendant que le cours d’eau continue de se dégrader.
Les collectivités locales ne peuvent plus se retrancher derrière la complexité administrative. La commune de Guidel a donné son accord. Lorient Agglomération a reconnu ses obligations au titre de la GEMAPI (gestion de l'eau, des milieux aquatiques et prévention des inondations). Les engagements sont écrits, votés, assumés. Il est temps de passer des délibérations aux actes.
Car l’enjeu dépasse largement la Saudraye. Il s’agit de la crédibilité de l’action publique. Peut-on sérieusement proclamer l’urgence écologique tout en différant l’application de lois connues, validées scientifiquement et votées démocratiquement ? Peut-on continuer à sacrifier les milieux naturels par peur du conflit ou par calcul politique ?
La restauration de la continuité écologique n’est pas une option
C’est une obligation légale définie pour contribuer à l’amélioration de la qualité de l’eau et sa biodiversité, une exigence scientifique et un choix de responsabilité. Ne pas agir aujourd’hui, c’est accepter la dégradation irréversible des milieux aquatiques et transférer les coûts écologique et financier aux générations futures.
Le temps des rapports est passé. Celui des décisions est arrivé.
