Nous étions 4000 pour l'eau à Rennes le 7 juin

10 juin 2026
Nous étions 4000 pour l'eau à Rennes le 7 juin

Dimanche 7 juin, à Rennes, la mobilisation pour l’eau a rassemblé 4000 personnes, plus de 50 organisations et une cinquantaine de tracteurs.  De nombreux citoyens, élus, associations, agriculteurs et agricultrices se sont retrouvés, dans la bonne humeur mais déterminés avec le même message "L'eau pour tous, tous pour l'eau"

 

Quelques photos du rassemblement en fin d'article

 

Pour nos organisations, cette mobilisation envoie un message clair : la protection de l’eau potable, de la santé et de la démocratie locale doit désormais primer sur les pressions d’une minorité d’acteurs agricoles encore arc-boutés sur l’usage des pesticides.

La profession agricole était largement représentée. Des agriculteurs et agricultrices bio, mais aussi plus largement des paysannes et paysans engagés dans des pratiques respectueuses de l’eau, ont défilé aux côtés des citoyens. Des agriculteurs sont venus en tracteurs, parfois avec un échantillon du large éventail d'outils de désherbage mécanique qu’ils utilisent déjà pour cultiver sans polluer : bineuses, herses étrilles, houes rotatives Cette présence agricole rappelle une évidence trop souvent oubliée : il existe des solutions techniques pour produire sans dépendre des pesticides. En France, près de 63 000 fermes bio nourrissent déjà la population en se passant de la chimie de synthèse. Ces agriculteurs et agricultrices prouvent chaque jour qu’il est possible de produire tout en protégeant l’eau, les sols, la biodiversité et la santé.

 

Le SAGE Vilaine doit être signé en l’état

Nos organisations demandent à ce que le SAGE Vilaine soit signé en l’état, sans recul sur les mesures de protection de l’eau et des captages. L’interdiction des pesticides sur les aires de captage doit devenir la règle. Il n’est plus acceptable de laisser les collectivités et les habitants payer le prix de la pollution de l’eau alors que des solutions existent pour agir à la source. Les élus locaux le savent : ne pas protéger les captages, c’est reporter demain des coûts considérables sur les communes, les syndicats d’eau et les usagers. Protéger l’eau coûte toujours moins cher que la dépolluer.

 

Accompagner les changements, reconnaître celles et ceux qui protègent déjà l’eau

Les agriculteurs concernés par de nouvelles règles doivent être accompagnés techniquement et financièrement pour changer leurs pratiques sans mettre en danger l’équilibre économique de leur ferme.

 

Mais il serait profondément injuste d’aider uniquement celles et ceux qui doivent changer demain, sans reconnaître celles et ceux qui protègent déjà l’eau depuis des années. Des moyens équivalents doivent donc être mis pour soutenir et valoriser les agriculteurs et agricultrices déjà engagés dans de bonnes pratiques, à commencer par les fermes bio.

 

Ne pas confondre agriculture et défense des pesticides

Les agriculteurs et agricultrices qui font déjà bien en ont assez qu’on fasse croire qu’il n’y aurait pas de solution technique pour se passer de pesticides. Ils en ont assez qu’on laisse penser que la population agricole se résumerait à quelques porte-voix de l’agriculture industrielle. La politique de l’eau ne peut pas être confisquée par une minorité. Elle concerne tout le monde : agriculteurs, habitants, enfants, élus, collectivités, consommateurs et générations futures.

 

Dimanche, Rennes a rappelé une évidence : l’eau potable n’est pas un privilège négociable, c’est un bien commun à protéger. Le SAGE Vilaine doit maintenant être adopté en l’état. Quelques propos recueillis 

  • « Je suis venu avec mon tracteur parce que je veux montrer qu’on peut être agriculteur, produire, nourrir les gens, et refuser que notre métier soit associé à la pollution de l’eau. »

  • « Sur ma ferme, je travaille sans herbicides. Ce n’est pas magique, ce n’est pas toujours simple, mais c’est possible. Dire qu’il n’y a pas d’alternative, c’est faux. »

  • « Ce qui me met en colère, c’est qu’on aide encore trop souvent ceux qui ne veulent pas changer de technique, alors qu’on ne reconnaît pas assez celles et ceux qui protègent déjà l’eau depuis des années. »

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