Oui au retrait du glyphosate! [25/09/2017]

Il semble que le glyphosate ne soit pas plébiscité par tout le monde...

 

Le gouvernement français vient de rappeler officiellement ce lundi 25 septembre, son refus de voir le glyphosate ré-autorisé pour 10 ans comme le propose la commission européenne. Malheureusement, il semble que sa position soit plus timorée concernant une éventuelle interdiction sur le territoire français. Eau et Rivières de Bretagne est favorable au non renouvellement de l’autorisation du glyphosate et à son interdiction d'usage en France.

Le glyphosate est omniprésent dans l’eau des rivières bretonnes

Appartenant à la grande famille des herbicides, le glyphosate fait partie des pesticides les plus couramment retrouvés dans les eaux superficielles bretonnes. Selon le suivi réalisé en Bretagne, 7 des 10 molécules les plus mesurées dans les cours d’eau étaient des désherbants (CORPEP, 2015). Le glyphosate ne s’arrête pas là puisque lui et sa molécule fille, l’AMPA sont les deux premières sur ce podium. L’AMPA était présente dans 92 % des prélèvements quand le glyphosate l’était dans 84 % d’entre eux.

Cette omniprésence s’explique aussi par le fait que le glyphosate soit plébiscité par tous les utilisateurs (particuliers, professionnels du paysage, collectivités, agriculteurs) ; bien que des restrictions d’usage soient en cours pour les collectivités et qu’en 2019 les particuliers n’auront plus accès à cette molécule. Le glyphosate était en 2015, le pesticide le plus vendu en Bretagne : 394 tonnes loin devant le second, le prosulfocarbe écoulé à 171 tonnes (Observatoire des ventes, DRAAF, 2015).

L’arrêt du glyphosate serait donc une bonne nouvelle pour la santé de nos rivières.

 

Un plan de sortie du glyphosate, et après ?

Alors que la France maintiendrait son avis défavorable à une ré-autorisation au niveau de la commission européenne, le Premier ministre temporise et  a demandé au ministère de l'agriculture les conditions d'un plan de sortie du glyphosate avant la fin de l'année. Une décision concernant le glyphosate, si elle intervernait, n'interviendrait qu'après "pour trouver les conditions d'une transition raisonnable vers la sortie du glyphosate". Cela fait donc beaucoup de "si"...

 

Néanmoins, en pratique, on peut se demander ce qu’entraînerait une telle interdiction. En effet, les différents utilisateurs seront-ils capables de se passer d’herbicides ? Le glyphosate est peut être la molécule désherbante la plus connue et la plus médiatisée mais il y en a d’autres.

Dans les espaces verts et les jardins de particuliers, on peut espérer que la tolérance vis-à-vis des herbes spontanées l’emportera puisque les collectivités et les amateurs voient leurs possibilités d'utiliser des désherbants restreintes voire supprimées. Les alternatives aux pesticides sont de plus en plus connues et accessibles à tous : paillage, plantes couvre-sol, toile biodégradable...

Pour les zones agricoles, bien que la tolérance ait aussi toute sa place, il semble que la marche sera plus difficile à franchir. Récemment, un sondage Ipsos révélait que 92 % des agriculteurs sondés appliqueraient des traitements herbicides supplémentaires avec d’autres matières actives si le glyphosate venait à être retiré. Il semble pourtant que ces professionnels connaissent d’autres alternatives puisque les modifications d’assolement (36% des sondés) ou l’investissement dans du nouveau matériel (42%) faisaient aussi partie des 4 réponses données en moyenne par les répondants.

Pour Eau et Rivières de Bretagne, l'interdiction du glyphosate ne doit pas être une option possible à long terme mais est une nécessité immédiate. Les alternatives à l'usage de ce pesticide existent et ont fait leurs preuves. Reste que si l'interdiction du glyphosate venait à être décidée, elle devra être l’occasion de faire évoluer les regards et les pratiques culturales vers des solutions sans pesticides au risque de voir, simplement, la substitution d’un polluant par un autre.

 

Pour en savoir plus sur la présence des pesticides dans les eaux bretonnes, voir notre fiche Connaître et agir « Les pesticides ».

Pour en savoir plus sur le jardinage au naturel, voir notre dernier livret « Mon jardin au naturel, bien démarrer en quelques gestes simples ».

Pour en savoir plus sur les désherbants d’origine végétale, voir notre fiche Connaître et agir « Les désherbants bios, ça existe ? »

 

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