Pollution de l'air : encadrer les épandages pour limiter la propagation du coronavirus

31 mars 2020
Pollution de l'air : encadrer les épandages pour limiter la propagation du coronavirus

Les concentrations en particules fines PM10 mesurées samedi 27 mars, sur le nord de la Bretagne dépassent le seuil d’Information-Recommandation, explique Air Breizh.

 

Les épandages agricoles sont en partie responsables de la mauvaise qualité de l'air actuellement. Cet épisode de pollution amplifie la détresse respiratoire des malades atteints du coronavirus. Nous demandons donc des mesures exceptionnelles de restriction d'épandage.

 

Alors que partout en France le niveau de pollution atmosphérique atteint des niveaux très bas, on constate qu'en Bretagne et sur la partie nord de la France, ces niveaux de pollution restent très élevés. Ce phénomène, constaté par Air Breizh, vient d'être mis en évidence par les scientifiques de Air santé climat, qui en attribuent la cause aux épandages agricoles qui, de mars à mai, sont grands pourvoyeurs de particules fines et responsables de pics de pollution.

 

En plus de fragiliser notre système immunitaire et de nous rendre plus sensibles aux infections notamment virales, la pollution de l’air amplifie la diffusion et la transmission des agents pathogènes tels que le coronavirus. Ces épisodes de pollution amplifient la détresse respiratoire des malades atteints du coronavirus et compliquent les soins qui leur sont apportés.

 

Nos préconisations pour la qualité de l'air

En avril dernier déjà, Eau et Rivières de Bretagne alertait sur le rôle de l’élevage dans la pollution de l’air.

En juin 2019, notre association organisait le colloque « Pollution de l'air à l'ammoniac issu des élevages agricoles, tous concernés » avec de nombreux acteurs de la qualité de l’air.
Suite à nos débats, la commission agriculture et eau de l'association a élaboré un plaidoyer dont voici les préconisations.

 

UNE MEILLEURE CONNAISSANCE DE LA QUALITÉ DE L’AIR :

  • révision des modèles de surveillance de la qualité de l’air
  • création de stations de mesures des concentrations réelles d’ammoniac de l’air
  • développement des dispositifs d’alerte vers les agriculteurs en cas de pic de pollution

 

UN CHANGEMENT DES PRATIQUES AGRICOLES :

  • réduction et meilleures techniques d’apport des produits organiques, réduction des engrais azotés et choix d’engrais moins émissifs, meilleure gestion des effluents au bâtiment et au stockage...
  • interdiction des techniques d’épandages les plus émissives et des engrais les plus émissifs
  • mesures de restriction de l’épandage lors des pics de pollution
  • réduction obligatoire des émissions pour tous les élevages industriels les plus polluants
  • aides accrues pour des pratiques moins émissives : systèmes herbagers, porcs sur paille, volailles en plein air…
  • taxation des engrais azotés les plus polluants à base d’urée

 

UN CHANGEMENT DE MODÈLE AGRICOLE :

  • une réduction des cheptels bretons et une meilleure répartition de l’élevage sur le territoire français
  • une prochaine révision de la Politique Agricole Commune où les financements soient liés à des mesures obligatoires de réduction de la pollution de l’air
  • une formation agricole initiale et continue à une transition agricole répondant à une feuille de route alimentaire, charpentée par un « plan protéines » visant la réduction de la production de protéines animale au bénéfice des protéines végétales, dont le bilan carbone et azote est nettement plus faible

 

Retrouvez la brochure de 4 pages sur l'ammoniac issu des élevages agricoles, publiée par Eau & Rivières de Bretagne à l'issue du colloque de juin 2019

 

Notre demande aujourd'hui

Aujourd’hui, vu la gravité de la situation sanitaire actuelle et en vertu du principe de précaution, nous nous mobilisons avec d'autres organisations associatives pour réclamer auprès des pouvoirs publics des mesures exceptionnelles de restriction de l’épandage.

Par ailleurs, les pesticides aggravent également la détresse respiratoire des malades. Nous demandons ainsi que les pulvérisations de pesticides de synthèse soient suspendues.

 

Retrouvez ici le communiqué signé par Eau et Rivières de Bretagne, le Collectif de soutien aux victimes de pesticides, Nous voulons des coquelicots et l'Arbre indispensable.

Lettre adressée à la Préfète de Région 6 avril 2020

Réponse Préfète 23 avril 2020


Note émise par Air Breizh le 4 juin 2020 sur l'impact du confinement : Extrait à propos des particules fines PM2,5 et PM 10 pendant le confinement "pour les particules, dont les contributions sont multiples contrairement au dioxyde d’azote émis majoritairement par les émissions des véhicules, la baisse n’est pas visible. Ce constat s’explique par une évolution des conditions de dispersion ainsi que par la contribution plus importante d’autres sources d’émissions comme l’agriculture." Retrouvez l'intégralité de la note de Air Breizh.

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